Principe de la cigarette électronique
Sur les sites de vente, on peut trouver des insertions du style :
“composées de commandes microélectroniques” ou “commandées par microprocesseur...”
En fait d’électronique à base de microprocesseur, ces cigarettes sont conçues autour d’un système bien plus rudimentaire.
En tirant sur votre e-cigarette électronique, l’air admis dans le système comprime un ressort qui établit un contact avec la batterie et fait chauffer une simple résistance.
Pas très électronique, tout ça... cigarette électro-mécanique serait plus juste.
Cigarettes ou machine à fumer
Le principe de ces e-cigarettes électroniques s’apparente aux machines à fumée utilisées en boite de nuit.
La résistance chauffe le produit contenu dans la cartouche.
En se mélangeant à l’air aspiré, celui-ci produit une fumée artificielle chargée de nicotine, lorsque la cartouche en est pourvue.
Fumée électronique
Les cartouches contiennent du propylène glycol, une substance chimique utilisée pour certains antigels mais aussi à très faible dose dans de nombreux produits de beauté, des médicaments et des préparations alimentaires !
Chauffé par la résistance, le propylène glycol s’évapore au niveau de l’atomiseur, se mélange à l’air inspiré, pour aboutir sous forme de vapeur à environ 50 à 60 degrés centigrades, dans la bouche du fumeur électronique.
Du nouveau
Les cigarettes électroniques jetables arrivent sur le marché !
Quelques marques
Cigarettes, Cigares & Pipe Electroniques CIGARTEX® ;
Cigarelec® qui vente un produit sans propylène glycol mais indique la présence d’Ethanol.
Mini cigarette electronique LoongTotem V9 ;
Cigarette électronique SEDANSA™ ;
Cigarette JANTY™
RUYAN E-Cigarette
E-Cigarette Smuke®
Risques pour la santé
“Gardez le plaisir de fumer sans détériorer votre santé et celles des autres”
“Ressemble à une cigarette mais sans goudron, et la fumée qui en sort ne contient aucune substance polluante.”
“Vous exhalez de la fumée inoffensive et sans odeur”.
Que penser de ces affirmations ?
La cigarette électronique ou e-cigarette, est présentée comme sans danger, puisqu’elle ne contient pas de goudrons.
Mais il n’est pas sûr du tout que d’inhaler du propylène glycol régulièrement soit sans danger.
Devant l’engouement suscité par l’ecigarette électronique auprès des fumeurs, l’Afssaps a examiné les conditions de mise sur le marché des cigarettes électroniques et a effectué une première analyse des risques potentiels.
Il est prévu de conduire une évaluation approfondie avec le concours d’experts toxicologues.
Notamment, l’Afssaps et la D. G. S. recommandent la plus grande prudence aux utilisateurs.
En raison du risque de toxicité des produits utilisés et de leur éventuel passage dans le lait maternel, l’utilisation de la cigarette électronique est formellement déconseillée aux femmes enceintes.
Composition du liquide
Le propylène glycol est le principal composant du liquide contenu dans les cartouches.
Le propylène glycol est un solvant irritant qui peut entraîner des effets neurologiques proches de l’état d’ébriété.
En alimentaire le propylène glycol peut être utilisé comme émulsifiant dans les sauces et assaisonnements ou comme solvant dans les arômes liquides.
Le propylène glycol est utilisé comme humectant et anti moisissure dans certains cosmétiques et dans l’industrie du tabac.
Il remplace souvent la glycérine comme excipient.
On s’en sert dans l’industrie textile pour la fabrication des fibres polyester.
Bien que le propylène glycol soit utilisé régulièrement dans des produits d’usage courant, alimentaires, cosmétiques et pharmacologiques il est dénoncé par certaines associations pour les allergies qu’il provoque.
Il sera nécessaire de vérifier la toxicité du propylène glycol pour l’organisme dans cet usage d’inhalation répétée à haute dose avec un produit chauffé.
Il ne faut pas confondre le propylène glycol avec l’éthylène glycol moins coûteux mais hautement toxique.
Se rajoutent des quantités plus ou moins importantes de nicotine, suivant les cartouches : high, medium, low et zéro.
Pour imiter le goût du tabac fumé, des substances aromatiques à base d’additifs alimentaires ou d’arômes artificiels sont utilisés y compris des dérivés terpéniques, menthol, linalol, dérivés terpéniques pouvant avoir des conséquences chez les consommateurs épileptiques.
Il n’est pas impossible que d’autres substances chimiques soient utilisées.
Utilisation pratique
L’utilisation de la cigarette électronique demande une courte période d’apprentissage pour l’utiliser correctement.
Certains modèles ont une fâcheuse tendance à vider la cartouche de produit à fumée dans la bouche de l’utilisateur, sous certaines inclinaisons.
Les quantités de produit inhalé semble mal contrôlées.
Certains utilisateurs attachent une réelle importance à l’effet ressenti par l’utilisation de la cigarette électronique.
L’effet proche de l’ébriété cité plus haut, provoqué par le propylène glycol, serait aussi recherché dans l’utilisation de l’e-cigarette et non pas seulement l’envie de quitter les dangers du tabac.
Cigarettes électroniques et sevrage tabagique
L’Afssaps rappelle que si le sevrage tabagique est revendiqué par le fabricant et que la cartouche insérée dans le système contient de la nicotine, l’e-cigarette électronique doit être considérée comme un médicament et à ce titre obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM).
L’Afssaps précise également que si la cartouche ne contient pas de nicotine mais que l’e-cigarette électronique est présentée comme une aide au sevrage tabagique, la mise sur le marché de cette cigarette électronique, de la même façon doit obtenir une AMM.
Si le sevrage tabagique n’est pas revendiqué par le fabricant et si la cartouche ne contient pas de nicotine, l’e-cigarette électronique se voit appliquer la réglementation sur la sécurité générale des produits ce qui est de la compétence de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Fume et défume et l’e-cigarette électronique
Comme vous pouvez le constater, utiliser une cigarette électronique est loin d’être anodin !
De plus, il me semble risqué, à long terme d’entretenir une illusion du tabagisme.
Quelques utilisateurs se lasseront de"vapoter" et ne souhaitant pas retomber dans le tabagisme, quitteront définitivement l’esclavage du tabac.
Dans cette perspective, l’e-cigarette peut-être intéressante.
Pour la majorité des utilisateurs, en cas de stress ou de difficulté, l’e-cigarette sera-t-elle suffisante ?
En entretenant la gestuelle et les reflex du fumeur, la rechute vers le vrai tabagisme semble inévitable.
Si votre besoin en nicotine justifie une substitution nicotinique durant les premiers jours de votre sevrage, et si le geste reste important pour vous, un simple inhaleur vous donnera sans doute satisfaction, plus discrètement (pas très élégant, il se dissimule dans la main) et sans risque.
Quitte à prendre en main votre tabagisme, il me paraît plus raisonnable (mais peut-on parler de raison, lorsqu’il s’agit d’addiction...) d’envisager de consulter un tabacologue diplômé, pour mettre en place une stratégie sérieuse qui, en fin de compte, se révélera plus efficace et certainement beaucoup moins coûteuse.
Mise à jour le 8/01/2011