Dès le désir d’enfant, il faudrait, que le couple, homme et femme, à l’unisson, arrête de fumer.
Le délai pour tomber enceinte se trouverait raccourci, la femme ex-fumeuse pourrait aborder ce moment particulier plus sereinement.
Une raison de stress et d’angoisses évitée pour une grossesse sereine, sans sentiment de culpabilité.
Pourtant, en début de grossesse, plus d’un tiers des femmes fument encore.
Parmi elles, même si ce n’est pas l’idéal, un certain nombre réussira à arrêter de fumer durant les neufs mois précédent l’accouchement.
Comment aider celles qui n’arriveront pas à écraser leur dernière cigarette ?
Étude sur les femmes enceintes fumeuses
Le docteur Gilles Grangé, gynécologue obstétricien à la maternité de Port Royal a mené une étude portant sur 979 femmes, en 2002.
Selon cette enquête, 40% des femmes sont fumeuses en début de grossesse et 18% de ces femmes, soit la moitié, restent addictes au tabac le jour de l’accouchement.
Connaissance du risque à fumer enceinte
9 femmes sur 10 savent que le tabac est dangereux pour le fœtus, mais peu sont en mesure d’en préciser les risques (faible poids, prématurité, otites, intégration sociale, etc.)
Femmes enceintes très dépendantes
Toujours selon cette étude, parmi ces 40% de femmes fumeuses en début de grossesse, 80% de celles qui vont arrêter de fumer, arrêteront de fumer durant le premier trimestre de grossesse.
Les autres femmes enceintes qui n’ont pas réussi à arrêter de fumer ont une dépendance très forte au tabac.
Il faut les aider sans les culpabiliser et surtout éviter qu’elles n’adoptent de mauvaises solutions qui les feront souffrir inutilement en intoxiquant encore plus leur futur bébé.
Il faut ainsi éviter que ces femmes enceintes réduisent leur consommation de tabac, sans consulter un tabacologue.
Par l’effet de l’autotitration, inconsciemment, elles vont tirer plus fort sur leur cigarette, garder plus longtemps la fumée dans les poumons pour extraire la nicotine que réclame leur corps dépendant du tabac.
L’intoxication au monoxyde de carbone qui se mesure avec un CO-Testeur, sera plus importante.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre au néophyte, passer sans précaution de 10 à 5 cigarettes par jour, voire trois cigarettes par jour, aboutit invariablement à une intoxication plus élevée.
En conséquence, ces femmes enceintes fumeuses en soufrant, pour fumer moins de cigarettes par jour, vont prendre un risque cardio-vasculaire plus grand et le fœtus sera mal oxygéné, le monoxyde de carbone (CO ) prenant la place de l’oxygène.
Aider les femmes enceintes à arrêter de fumer
L’attente d’un enfant peut-être une motivation forte pour arrêter de fumer.
Les changements hormonaux provoquent divers effets bénéfiques dont un effet antidépresseur qui peut faciliter le sevrage.
Arrêter de fumer ne consiste pas seulement à écraser sa dernière cigarette.
C’est un bouleversement important de son mode de vie.
La grossesse et l’arrivée d’un enfant est un autre bouleversement important du mode de vie.
Arrêter de fumer chez la femme enceinte ne semble pas entrainer de prise de poids supplémentaire.
Voilà de bon arguments pour comprendre que la grossesse peut devenir un moment privilégié pour arrêter de fumer.
Quelles stratégies adopter pour arrêter de fumer
En première approche, les Thérapies Comportementales et Cognitives sont les plus indiquées pour apprendre à défumer, pour déprogrammer la fumeuse.
Les produits tels Zyban® et Champix® sont formellement contre-indiqués chez la femme enceinte.
En deuxième intention, les produits nicotinés oraux et plus spécialement l’inhaleur permettent de calmer un besoin fort de nicotine.
Le patch est à éviter dans la mesure du possible.
Le fœtus se retrouve à baigner dans un liquide amniotique fortement dosé en nicotine, très déconseillé à certains moments de son développement.
S’il n’est pas possible d’éviter le patch, il est indispensable d’être suivie dans son sevrage.
Un patch ne doit jamais être conservé la nuit chez une femme enceinte.
Le rôle du tabacologue est essentiel pour établir un climat de confiance.
La femme enceinte doit se sentir comprise, aidée et non culpabilisée.
Par ces échanges privilégiés, la femme enceinte comprendra le mécanisme complexe de son tabagisme.
Elle pourra mettre en place des stratégies adaptées à son profil de fumeuse pour résister aux tentations.
La perspective d’un sevrage accessible, adapté, d’un enfant sain sont des éléments motivants pour comprendre qu’un tabacologue est là pour vous aider à mieux profiter de la vie.
Quelle fierté pour un couple de fumeurs de s’arrêter de fumer à deux, pour créer un petit être sain.
Après la naissance
Dans les 2 à 6mois suivant l’accouchement, 50% des femmes qui ont arrêté de fumer ont repris leur tabagisme.
A un an, 75% de ces nouvelles mères, se sont remises à fumer.
Certaines étapes nécessitent de préparer avec votre tabacologue des stratégies adaptées.
La fin de l’allaitement, le stress de la naissance, le retour à l’activité professionnelle sont autant de situations à anticiper.
Si le travail de déprogrammation, de défume a été bien mené, il n’y aura pas de reprise, l’ex-fumeuse aura tourné la page, sera passée à autre chose.
Toutes les ex-fumeuses et fumeurs qui ont vraiment tourné la page, ne voudraient pour rien au monde connaître à nouveau l’enfer du tabac et de la gestion des stocks de cigarettes.
La vrai liberté d’élever un enfant sain est une joie indéfinissable.
Et l’économie réalisée sur le tabac vous permettra de choyer votre nouveau venu sans vous restreindre sur quoi que ce soit... Sympa, non ?