Des travaux menés par Jean-Pierre Changeux, à l’institut Pasteur, Philippe Evrard à l’hôpital Robert Debré, à Paris et Hugo Lagercrantz au Karolinska institute de Stockholm (Suède) démontrent l’implication d’un récepteur nicotinique dans la régulation des réflexes respiratoires durant le sommeil. [1]
L’altération de ces réflexes peut conduire à l’arrêt respiratoire et la mort.
Ces travaux montrent l’implication de la nicotine durant la grossesse comme facteur de risque le plus important dans le syndrome de la mort subite du nourrisson.
Ces travaux ont été menés sur des souris et certains discutent la véracité de ces constatations, rapportées à la femme enceinte.
Dans le doute, le principe de précaution conduit à éviter, dans la mesure du possible, de proposer des produits nicotinés dans l’aide au sevrage tabagique d’une femme enceinte.
On ne peut que recommander vivement, dans la perspective d’une grossesse, d’organiser préalablement un sevrage tabagique durable, afin d’éviter à la femme enceinte de se retrouver dans une situation stressante et culpabilisante.
Lorsque cette démarche de sevrage tabagique n’a pas été conduite en temps ou n’a pas été couronnée de succès, il faut formellement privilégier les thérapies cognitivo-comportementales.
Si malgré tout, une substitution nicotinique, préférable au maintien du tabagisme, s’avère nécessaire, il faut absolument éviter l’utilisation de patchs et privilégier les formes orales (inhaleur, pastilles, gommes).