Taux de réussite d’un tabacologue
Les tabacologues sérieux, diplômés en tabacologie, ne peuvent raisonnablement annoncer que 0 % de réussite !
En effet, ce n’est jamais le tabacologue qui arrête et qui peut être fier de sa réussite, mais le fumeur !
Et en ce qui concerne le fumeur, c’est 100 % de réussite de l’arrêt du tabac, si un an après avoir commencé sa démarche de défume il est effectivement dans une situation d’abstinence totale.
Quand malheureusement, sa motivation n’a pas été suffisante, et qu’il se remet à fumer, au bout de 15 jours, trois mois, six mois… La réussite est alors de 0 %.
% de quoi
On peut faire dire n’importe quoi aux chiffres.
Prenez 100 individus dans la rue, fumeurs, vous les mettez de force, sans leur consentement, dans une consultation de tabacologie.
Quelques soient les compétences du tabacologue qui les recevra, combien pensez-vous obtenir d’arrêts ?
Les personnes qui franchissent la porte du tabacologue, ont déjà mûri leur intention d’arrêter de fumer.
La plupart franchissent la porte de la consultation de tabacologie en sachant déjà qu’ils vont arrêter de fumer. Ils viennent pour trouver l’aide nécessaire d’un praticien compétent pour assurer la réussite de leur tentative.
La plupart ont déjà essayé deux ou trois fois de s’arrêter seuls.
Les fumeurs peu addicts s’arrêtent assez facilement et de manière définitive. C’est un autre problème avec des fumeurs très dépendants que ce soit physiquement ou psychiquement.
Après plusieurs tentatives, ils savent qu’ils ne pourront pas s’en sortir seuls, ils viennent chercher de l’aide, mais la motivation est là, et souvent une motivation forte.
Une des principales raisons des femmes qui franchissent notre porte, et maintenant un certain nombre d’hommes, est la peur de grossir.
Très souvent une précédente tentative s’étant soldée par une prise de poids de 10 kg , ils ne veulent pas revivre cela et après s’être informés, en lisant des livres traitant de la tabacologie, en surfant sur Internet, ils ont acquis la conviction que comme l’on va voir un dentiste pour un problème de dents, la solution de bon sens est d’aller voir un tabacologue, un tabacologue diplômé en tabacologie et aide au sevrage tabagique, pour régler un problème de tabac.
Enfin, il y a les touristes de la tabacologie, sans aucune motivation, ils essaient tout en vrac ou en cascade. Passent du patch à l’acupuncture, de l’hypnose au laser, sans aucune motivation.
Voulant que le praticien fasse de leurs velléités une réussite , un arrêt indolore, un arrêt pour eux.
Ils contribuent à fournir de superbes courbes de réussites, avec des % spectaculaires à ... 15 jours pour les remèdes miracles !!!
C’est à dire, 15 jours après, trois semaines maxi, un peu amers au début, puis tous comptes faits, heureux de nouveau, de pouvoir continuer à fumer, jusqu’à la prochaine prise de conscience.
Déçus de ces expériences couteuses, il leur arrive de s’égarer dans une de nos consultations.
Un entretien suffit quelquefois à les mettre face aux incohérences de leur comportement. Le déclic se produit. La réussite se profile.
Qu’apporte le tabacologue ?
Le rôle du tabacologue est de situer le fumeur par rapport à son tabagisme.
L’aider à comprendre pourquoi contre toute raison il continue à fumer.
L’aider à comprendre ce qu’il trouve et ce qu’il croit trouver dans la fumée de sa cigarette.
Dresser son profil de fumeur, vérifier le niveau de sa motivation et de sa dépendance.
Si cette motivation est trop faible, l’échec est assuré.
Pour augmenter cette motivation il convient d’augmenter la confiance en soi que ressent ce fumeur dans ses capacités à réussir dans cette belle aventure de défume.
Véritable travail de coaching
Souvent, le fumeur à une mauvaise estime de soi. Pour différentes raisons qui l’ont peut-être amené à fumer.
Mauvaise estime de soi, développée et entretenue par cet état de frustration de se trouver dans cette situation ambivalente : d’un côté il souhaite arrêter de fumer pour des raisons évidentes de santé, d’un autre côté, malgré une évidente volonté, il n’arrive pas à se défaire de cette dépendance.
Cette impression quotidienne, heure par heure, cigarette après cigarette, d’être impuissant face à ce tabagisme envahissant, mine, jour après jour son estime de soi.
En comprenant qu’il ne manque pas de volonté mais qu’il est un malade du tabac, que le fonctionnement de son cerveau a été modifié par les puissants produits addictifs contenus dans le tabac, il réalise qu’il ne disposait peut-être pas d’une information complète et objective et par conséquent des outils nécessaires pour se battre à armes égales.
C’est ce travail de fond qui conditionne la réussite.
Chaque fumeur a son histoire, son passé tabagique et chaque fumeur correctement informé est à même de choisir la stratégie la mieux adapté pour s’échapper de cet enfer.
Voilà le rôle du tabacologue, aider le fumeur à appréhender son profil de fumeur, compte tenu de ce profil, lui proposer l’éventail des stratégies possibles répondant à ses attentes.
La cigarette s’est infiltrée intimement dans tous les actes de la vie.
Toute la vie du fumeur est tissée de la fumée de ses cigarettes.
Il faut dénouer toute cette pelote et faire tomber le masque du tabagisme.
Quand le fumeur sort enfin de cette torpeur, réalise, au fond de lui que ce plaisir artificiel n’était qu’un leurre, alors la partie est gagnée !
Mais quelquefois, le masque est solidement attaché !
Conclusion
Mais en fin de compte, c’est toujours le fumeur qui choisit le lieu, la date et les armes de ce duel. Jamais le tabacologue.
Annoncer des pourcentages de réussite, c’est tout simplement vouloir voler au fumeur sa réussite.
La seule personne qui a le droit de tirer une légitime fierté d’un arrêt réussi, c’est le fumeur, et personne d’autre.
Donc, retenez bien ce message, dans l’arrêt tabagique, c’est 0 ou 100 % de réussite, tout le reste n’est qu’un leurre ... Comme souvent lorsqu’il s’agit de tabac !