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Vaccin antitabac

lundi 1er septembre 2008

Le vaccin anti-tabac fait partie des rêves du fumeur : s’arrêter de fumer en douceur, sans y penser !
Est-ce possible ?
Où en est la recherche ?
Les thérapies efficaces, substituts nicotiniques, Bupropion, Zyban et TCC sont-elles bonnes pour le placard ?
Le Professeur Lagrue nous livre ses impressions.

Vaccin antitabac : réalité ou mythe ?
Trois stratégies thérapeutiques ont fait la preuve de leur efficacité dans le traitement de la dépendance tabagique : les médications nicotiniques ; deux psychotropes (le bupropion et la varénicline) ; et les thérapies comportementales et cognitives.
Mais les résultats sont incomplets et transitoires, justifiant la recherche de nouvelles thérapeutiques.

Un « vaccin antitabac » a récemment été proposé, soulevant beaucoup d’enthousiasme : l’idée d’un vaccin est auréolée du prestige attaché à ce mot, au passé thérapeutique si brillant !
Le principe est séduisant : la nicotine est couplée à une macromolécule ; l’injection de ce complexe suscite la formation d’anticorps.
Ceux-ci captent la nicotine circulante, l’empêchant d’atteindre les récepteurs nicotiniques cérébraux, supprimant ainsi les sensations psychologiques à l’origine du renforcement positif du comportement.
Des résultats favorables à court terme ont déjà été publiés, et plusieurs laboratoires se sont lancés dans la fabrication industrielle de ce vaccin.
Mais des objections doivent être faites.

L’intensité de la captation de la nicotine dépend du taux d’anticorps.
Or, celui-ci baisse progressivement ; les injections doivent donc être renouvelées régulièrement, sur une durée encore inconnue.
Cette stimulation répétée du système immunitaire favorise l’apparition de maladies auto-immunes.
Quant aux stratégies actuelles du traitement de la dépendance tabagique, elles n’influencent pas l’addiction, cette perte du contrôle de la consommation qui peut exister même sans dépendance physique et persister après disparition de celle-ci.
Elle a pour traduction le craving, c’est-à-dire la pulsion irrésistible de reprendre une cigarette, cela en dehors de tout autre symptôme de sevrage.
Les facteurs responsables sont multiples : stimulus déclencheurs de l’environnement, événements stressants, situations émotionnelles…
Or, le mécanisme du craving diffère de celui du syndrome de sevrage ; d’autres approches thérapeutiques sont donc nécessaires.
La dépendance tabagique a des causes et des mécanismes multiples.
Le traitement doit être adapté aux caractéristiques de chaque fumeur.
Il n’y a pas et il n’y aura jamais de panacée pour l’arrêt du tabac : c’est un mythe encore trop répandu…

Professeur Gilbert Lagrue
Centre de tabacologie ; hôpital Albert-Chenevier, Créteil
Tabac Actualité n° 90 - INPES

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